Historique de la race Porc de Bayeux

Le porc de Bayeux est l’une des dernières races porcines françaises dont l’origine remonte à la fin du 19e siècle. Il est issu de croisements entre une truie normande et un porc noir du Berkshire (Angleterre). L’Ouest du Calvados, le Bessin, est son berceau.

Il est fier de ses racines puisqu’il arbore la robe blanche de la truie normande et les taches noires arrondies du verrat Berkshire (porc noir avec les pieds, la liste du nez et le bout de la queue blancs). La pigmentation est plus ou moins prononcée suivant les individus, la saison ou l’âge. Les soies noires se trouvent sur la peau noire, et les soies blanches sur la peau blanche.

C’est un porc de bonne taille, aux oreilles minces demi tombantes dites « en visière de casquette ». Ses membres fins et courts présentent de bons aplombs droits et le dos rectiligne est long et épais, il doit avoir un ou deux épis. Sa tête légèrement concave a un front et un groin épais. Ses côtes sont demi-rondes.

La variante «porc de Longué» (Maine et Loire), métis Craonnais et Berkshire, possède des caractères similaires à ceux du Bayeux dans le pelage et la conformation, mais la tête est plus brève et plus concave, avec un groin plus fort et plus court et les oreilles plus tombantes.

Le métissage, parfaitement fixé, fait que le porc de Bayeux est l’une des premières races porcines françaises admise au «registre catalogue officiel des Livres Généalogiques».



Au 20e siècle, il est présent dans presque toutes les fermes de Normandie. Et en 1928, le Syndicat de la race de Bayeux est créé ; elle regroupe les deux variantes.

Elevé de façon traditionnelle, le porc de Bayeux destiné à la charcuterie est abattu entre dix et quinze mois. Les truies très prolifiques et bonnes mères peuvent avoir 10 à 14 petits par portée.

En 1944, le débarquement allié décime les effectifs. Très peu d’animaux survivent et les éleveurs sont obligés de reconstituer leurs souches. Hélas, la mode du « sans graisse » et l’industrialisation ne rendent pas la tâche facile… . En 1955, d’après l’étude Portal et Quitet, l’effectif est de 6 000 têtes.

Dans les années 1960, le Livre Généalogique est réorganisé avec obligation de déclarer les naissances et de marquer les porcelets sous la mère.

En 1984, l’Institut Technique du Porc intègre la race de Bayeux (Porc de Bayeux et Porc Longué) dans le programme de conservation des races locales.

En 1996, le Livre Généalogique Collectif des races Locales (LIGERAL) est créé. La race Porc de Bayeux est agréée le 1er juin 1999 par le Ministère de l’Agriculture.

La race est sauvegardée sous les noms de Porc de Bayeux, Cochon de Bayeux, Bayeusin et Porc Longué.

Le début du 21e siècle donnait quelques espoirs de reprise mais les chiffres récents font que cette race est de nouveau en péril. Les quelques éleveurs passionnés qui continuent cet élevage transforment eux-mêmes leurs produits que l’on peut trouver sur les marchés du terroir ou lors de fêtes locales. La chair, réunissant les qualités de ses deux parents, en fait un met très délectable, bien moins gras que l’on veut bien le dire !

Chaque année, les éleveurs présentent leurs plus beaux spécimens lors du Salon de l’Agriculture à Paris.


Confrérie Gourmande du Cochon de Bayeux - © 2014 www.annuaire.confreries.org